Depuis la mi-janvier, plusieurs classes ont eu la chance de pouvoir dialoguer avec Catherine Cherix – qui se trouve à la station Princess Elisabeth en Antarctique, grâce à Skype.

Voici quelques réponses de Catherine Cherix :


Retranscription du Skype du 1er février à l’école de Trembley :

Élèves : Bonjour !

Catherine Cherix : Bonjour à tous ! Tout va bien ?

Élèves : Oui !

Catherine Cherix : Il fait beau en Suisse ! Il fait beau en Suisse maintenant je crois, hein ?

Élèves : Ouais.

Interviewer : Alors, ils se réjouissent de te poser des questions parce que on a préparé des questions avec eux et puis ils ont plein de questions par rapport à l’endroit où tu vis, par rapport à ce que tu fais là-bas. Je vais appeler directement les élèves qui vont lever la main.

Catherine Cherix : Ouais ! Je suis prête, avec plaisir. Oh là là ! Que de bras levés ! Je vous écoute. Bonjour !

Élève 1 : Bonjour. Est-ce que vous avez déjà vu des crevasses ?

Catherine Cherix : Oh oui ! Oui, oui, oui, c’est plein, plein, plein de crevasses ici autour. Et même, peu de temps après mon arrivée, on a pu descendre dans une crevasse. On a fait un exercice : on est partis avec des motoneiges jusqu’à une crevasse assez importante et puis, là on s’est tous mis les baudriers, ce sont des outils de montagne, on s’est accrochés avec des cordes et puis on est descendus dans la crevasse. On a fait des exercices pour apprendre à remonter quelqu’un qui serait tombé dans une crevasse.

Élève : C’est dangereux ?

Catherine Cherix : C’est très dangereux. C’est très dangereux et c’est pour ça qu’on n’a pas le droit de sortir se promener seul dans la station. C’est vraiment un des grands, grands dangers. Ça fait partie des dangers principaux des déplacements en Antarctique parce qu’on est sur des kilomètres de neige, de glace, d’épaisseur. Vous pouvez vous imaginer qu’il y a 2’000 ou 3’000 mètres de glace d’épaisseur parfois, parfois moins. Et la glace avance tout doucement : les glaciers ne sont pas immobiles ; ils coulent, ils avancent très doucement. Et à chaque fois qu’il y a une cassure de terrain, ça ouvre une crevasse. Le problème c’est qu’après ça, quand la neige est soufflée ou va dessus, ça va faire un petit pont. Un pont de peut-être un mètre d’épaisseur seulement de neige, donc si on passe dessus, on ne voit pas la crevasse. On peut alors passer à travers le pont assez facilement et tomber très, très profondément. Donc oui, il y a des accidents à cause de cela. C’est vraiment quelque chose qu’il faut toujours avoir à l’esprit, penser que ça peut arriver et que ça arrive. Parfois même, ce sont des véhicules qui tombent dedans.

Élève 1 : Merci beaucoup !

Élève 2 : Bonjour !

Catherine Cherix : Bonjour !

Élève 2 : Vous êtes ravitaillés comment ?

Catherine Cherix : Alors, il y a deux façons de se ravitailler, ici. Ce n’est jamais très rapide : tu ne peux pas commander quelque chose et l’avoir le lendemain. Tous les ravitaillements sont préparés à l’avance, parfois plusieurs mois à l’avance. Alors, il y a des bateaux qui ravitaillent : la côte est à 200 kilomètres d’ici donc c’est toute une expédition pour y aller. Il faut compter à peu près 25 heures de trajet pour aller jusqu’à la côte, si la météo est bonne. Ce sont de gros cargos qui amènent des containers, comme ceux posés sur les camions. Ces containers sont très pratiques parce que depuis les camions, on peut les mettre sur le train, on peut les mettre sur le bateau. Ces containers sont remplis généralement en Belgique, sont mis sur un bateau (un cargo) qui va les amener jusqu’à la côte. Donc ça s’est pour tout le gros matériel surtout et pour la nourriture en grande, grande quantité pour la saison. Après ça, il y a des avions qui amènent des gens, comme moi, par exemple, qui suis venue en avion. Il n’y en a pas très souvent mais il y a quelqu’un au Cap, à Cape Town, qui est le lieu de départ des avions pour cette région de l’Antarctique, qui fait les courses comme on le lui a demandé : bah voilà, il nous faudrait 30 litres de lait, il nous faudrait 50 kilos d’oranges. Tu vois, ce sont de grosses, grosses commissions. Et puis, après ça, là ça peut venir par avion dans ce cas-là. Les produits frais qui peuvent manquer pendant la saison, c’est par avion qu’ils arrivent principalement.

Élève 2 : D’accord.

Catherine Cherix : Hello !

Élève 3 : Bonjour. Alors, comment vous faites pour avoir de l’eau pour vous laver ?

Catherine Cherix : Pour se laver, pour faire la cuisine, pour boire tout simplement aussi. C’est une excellente question que tu poses là, parce que cette eau ne coule pas ici : il fait trop froid. Vous savez que l’eau gèle en dessous de 0 degré. Et comme la température est normalement toujours en dessous de 0 degré, sauf parfois sur les roches où la température est un peu plus élevée, l’eau est sous forme de neige, de glace. Alors, ici, à la station, ils ont un grand, grand, grand réceptacle qu’ils remplissent de neige avec un bulldozer. Là, il va y avoir des vis qui tournent gentiment pour mêler cette glace, cette neige dedans. Et puis, en fait, ce sont les panneaux solaires qui vont réchauffer. Ce que tu dis est très intéressant, parce que ça demande beaucoup d’énergie. Sur toute l’énergie qui est produite à la station, la moitié est réservée à l’eau, à fabriquer de l’eau, à faire chauffer la glace et la neige. C’est énorme, ça demande beaucoup, beaucoup d’énergie. Il faut savoir aussi que pour faire passer de la neige à moins un degré environ à de l’eau à un degré, cela demande autant d’énergie que si tu prends de l’eau à un degré et que tu la fais monter à 60 degrés. Tu te rends compte ? Donc l’eau est effectivement vraiment quelque chose d’extrêmement couteux en énergie et d’extrêmement délicat à utiliser. Donc ici, par exemple, ça arrive qu’il y ait des jours où on ne prend pas de douche, comme la semaine passée. Ça arrive qu’on fasse vraiment attention parce qu’on a des problèmes pour fabriquer cette eau. On prend donc vraiment conscience de l’importance de l’eau. C’est quelque chose de très, très précieux. C’est de l’eau douce en plus.

Élève 3 : Merci.

Élève 4 : Bonjour.

Catherine Cherix : Bonjour !

Élève 4 : …

Catherine Cherix : Je ne t’entends pas.

Élève 4 : Est-ce qu’il y a d’autres stations à côté ?

Catherine Cherix : Près de là où on est ? Ecoute, il y a une station qui a été abandonnée à 70 kilomètres d’ici. Mais bon, celle-là a été complètement abandonnée. C’est une station japonaise. Donc la plus proche, je crois qu’elle est à environ 1h30 d’ici. Je crois qu’elle doit être à plus de 200 kilomètres. C’est la plus proche et c’est une station russe.

Élève 4 : Merci.

Élève 5 : Bonjour.

Catherine Cherix : Bonjour.

Élève 5 : Vous pensez rentrer quand ?

Catherine Cherix : Alors mon avion de retour est prévu pour le 9 février, c’est-à-dire mercredi prochain. En revanche, c’est un peu tributaire de la météo. Au départ, on nous a dit le 9, ensuite c’est passé au 10, mais ce sera peut-être le 8 finalement. Donc on ne sait pas exactement. C’est un peu particulier. Par exemple, au mois de décembre, il y avait une équipe qui devait arriver et une équipe qui devait repartir. L’équipe qui devait repartir devait passer Noël avec leur famille, chez eux en Belgique. Et, en fait, l’avion qui faisait le changement d’équipes n’a pas pu atterrir à cause de la météo. Il n’a pas voulu. Alors il a fait demi-tour, il est reparti et il a fallu qu’ils attendent 17 jours pour pouvoir repartir. Donc, tu vois, ce n’est pas comme les avions de ligne : il faut prendre en considération surtout la météo. Surtout que la météo change très, très vite parfois. Et ce qui est étonnant, ce qui s’est passé cette fois-là, c’est qu’il faisait très beau en dessus, à un kilomètre d’altitude, à 1000 mètres d’altitude, et, au sol, les vents soufflaient entre 120 et 150 km/h, transportant de la neige, du brouillard et on ne voyait pratiquement pas ses pieds, paraît-il. Je n’ai pas vécu ça. Donc un avion, dans ces conditions-là, ne peut pas atterrir et ne peut pas repartir non plus. Et ces changements s’opèrent très, très rapidement : en quelques heures tu passes du beau temps au mauvais temps.

Élève 5 : Merci.

Catherine Cherix : Je t’en prie.

Élève 6 : Je voulais vous demander, comment vous faites pour vous réchauffer ?

Catherine Cherix : Pour nous réchauffer ? La première chose qu’on fait c’est qu’on évite de se refroidir : c’est beaucoup plus facile de rester au chaud que de se chauffer une fois qu’on a eu froid. Donc pour éviter de se refroidir, ce que l’on fait c’est qu’on s’habille. Alors, comme quand tu vas dehors, parfois tu bouges beaucoup donc tu te réchauffes donc il ne faut pas mettre de sous-vêtements trop épais et puis parfois tu dois faire des choses qui sont plus statiques, où tu bouges moins, là ton corps va se refroidir donc, dans ce cas-là, il faut ajouter des épaisseurs. Donc c’est ce qu’on a, en fait, ici : selon les activités, tu mets deux ou trois ou quatre ou cinq épaisseurs d’habits. Les vêtements qu’il est important de toujours avoir avec soi sont ceux qui empêchent le vent de pénétrer parce que vous savez qu’il y a la température qui a son importance mais vous avez déjà remarqué que lorsqu’il y a du vent vous avez l’impression d’avoir encore plus froid. On appelle ça, en anglais, le chilling factor, le facteur de refroidissement. En fait, si, par exemple, aujourd’hui il a fait -10 degrés dehors mais il y a un vent qui est en train de se lever qui va maintenant à 20 km/h, l’impression que tu as c’est qu’il fait -20 degrés. Donc tu vois que ça peut passer du simple au double dans ce cas-là. Donc ça c’est la première des choses. Et puis à l’intérieur de la station, on a la chance d’avoir une station agréable où il fait 21-22 degrés, c’est l’isolation, là encore, qui compte. C’est-à-dire que les parois sont très épaisses, très bien isolées, si bien que la chaleur qui est à l’intérieur du bâtiment ne sort pas à l’extérieur et le froid qui est à l’extérieur n’entre pas à l’intérieur. Tu comprends ? Alors, avec les activités qu’on a à l’intérieur de la station, ça réchauffe et, parfois, on est même obligés d’évacuer un peu de chaleur dehors parce que sinon il ferait trop chaud dans la station. Et l’air qui renouvelle l’air à l’intérieur de la station n’entre pas directement par des fenêtres : on ne peut pas les ouvrir. L’air passe par des tuyaux, en fait, qui le réchauffent déjà un peu, si bien que cet air qui entre dans la station est déjà un petit peu chauffé. Et ça suffit pour être tout à fait confortable à l’intérieur. Donc, tu vois, le maître-mot c’est « ne vous refroidissez pas ». Il faut avoir un bonnet aussi, car on perd beaucoup de chaleur par la tête, et des gants, car les doigts peuvent geler facilement. Et puis de bonnes chaussures, de très, très bonnes chaussures.

Élève 6 : Merci.

Catherine Cherix : Je t’en prie.

Bonjour !

Élève 7 : Bonjour ! Je voulais vous demander si vous dormiez bien le soir.

Catherine Cherix : Pas toujours très bien… Est-ce que tu devines pourquoi ? Est-ce que tu aurais une petite idée de la raison pour laquelle on ne dort pas aussi bien que vous maintenant chez vous, par exemple ? Quelqu’un aurait une idée ?

Élève 7 : Il fait froid ?

Catherine Cherix : Non, il ne fait pas froid. Non, comme je viens de l’expliquer à ton camarade, il ne fait pas froid. Mais il y a quelque chose de très, très différent ici. Je vous rappelle qu’ici c’est l’été. Vous vous êtes en hiver, moi je suis en été. Et qu’est-ce qui se passe en été avec le soleil ? C’est qu’il ne se couche pas ici. Déjà chez nous, en été, les journées sont beaucoup plus longues que les nuits. D’accord ? En hiver, ce sont les nuits qui sont longues et les journées courtes. Ici, je suis en été donc les journées sont tellement longues qu’elles durent toute la journée. Donc, par exemple, le soleil entre dans ma chambre, alors qu’il est déjà assez haut dans le ciel, à 3h du matin. Et si je me couche à 23h ou à 1h, il fait jour. Il fait jour tout le temps. Alors ça perturbe quand même un petit peu parce que t’as pas tellement envie d’aller te coucher. Et puis, après ça, il faut essayer d’obscurcir pour mieux dormir, soit en mettant quelque chose sur ses yeux, soit en obscurcissant les fenêtres. Donc c’est un petit peu ce qui empêche les gens de dormir, mais c’est agréable parce que c’est magnifique de voir le soleil en pleine nuit. Ça fait des lumières très, très, très belles, comme des couchers et des levers de soleil qui durent des heures et des heures.

Élève 7 : Merci.

Catherine Cherix : Je t’en prie.

Élève 8 : Bonjour !

Catherine Cherix : Bonjour ! Je t’écoute.

Élève 8 : Est-ce qu’il y a déjà eu des blessés ou des accidents ?

Catherine Cherix : Écoute, c’est impressionnant, mais les gens arrivent à travailler de façon à ne pas se blesser. Alors, ça ne veut pas dire qu’il n’y a jamais d’accidents. Quelqu’un racontait, une autre année, qu’une personne s’était enfoncée une grosse vis dans le genou. C’est un accident pas très agréable. Mais sinon il y a des petits bobos, comme partout, mais pour l’instant il n’y en a pas eu. C’est important de savoir qu’il y a un médecin ici, parce que le premier hôpital est très, très loin d’ici. Et donc s’il y a un blessé, si quelqu’un est malade, si quelqu’un a un grave problème de santé, le médecin qui est ici doit être en mesure de pouvoir faire les premiers soins, voire le soigner complètement. Donc il est vrai que les gens qui travaillent ici, comme les artisans qui font de la menuiserie, de la plomberie, de l’électricité, de la mécanique, peuvent se faire mal. En plus, ils travaillent au froid, au vent, parfois le sol est très glissant parce qu’il y a de la glace sur le sol. Et ils font de longues journées : ils travaillent de 8h du matin à 20h. Et bien, malgré tout, ils arrivent à travailler de façon à tout prévoir pour ne pas se faire mal. Je crois qu’ils sont beaucoup plus attentifs à leur façon de faire qu’ils ne le seraient peut-être dans un pays comme la Suisse, comme la Belgique ou comme la France où, en fait, ils travaillent dans des conditions qui sont moins dangereuses. Et je crois que plus il y a de possibilités d’accident et plus on fait attention et je pense que c’est leur cas. Donc, ici, on a la chance cette année de ne pas encore avoir eu d’accidents, juste des petits bobs mais ça ce n’est pas très, très grave.

Élève 8 : Merci !

Catherine Cherix : Je t’en prie.

Élève 9 : Bonjour !

Catherine Cherix : Bonjour !

Élève 9 : Je me demandais si on pouvait aller se baigner.

Catherine Cherix : Se baigner ? Dans la mer ? Ouh là là. Alors, si j’essayais de me baigner dans la mer, en maillot de bain, je crois que me chances de survie seraient de quelques secondes, une trentaine de secondes je crois, moins d’une minute. L’eau est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop froide donc le corps ne pourrait pas résister. Il y a des gens qui plongent dans la mer mais alors ils ont des équipements. J’ai vu un film où on voit les gens se préparer pour plonger dans la mer sous les icebergs, sous la glace et ils ont des équipements qui sont vraiment très, très lourds, très épais, gardant vraiment la chaleur du corps. C’est indispensable. Mais donc, non, ce n’est pas possible d’aller se baigner en maillot de bain. En revanche, j’ai quand même vu dans la station norvégienne, mais là je l’ai vue en photo, une petite piscine, un petit bain d’eau chaude. Mais ici non. D’ailleurs, hier soir, un des électriciens me disait : « Ah mais qu’est-ce que je rêve d’un bain, tu ne peux pas imaginer ». Donc, non, on ne peut pas se baigner.

Élève 9 : Merci.

Élève 10 : Bonjour.

Catherine Cherix : Bonjour.

Élève 10 : En fait, je voulais vous demander si vous vous sentiez bien dans Princess Elisabeth Antarctica.

Catherine Cherix : Princess Elisabeth Antarctica, on l’appelle PEA. Si je me sens bien à quel niveau ? Dis-moi.

Élève 10 : Si c’est assez chaud, assez grand.

Catherine Cherix : Elle est très, très confortable. C’est effectivement une station très confortable. C’est une vie en collectivité : on a nos chambres, mais, en revanche, tous les autres lieux sont communs. Donc il y a une salle de bain, une salle pour les toilettes, une cuisine, la salle principale dans laquelle je suis donc c’est pour ça que parfois vous pouvez peut-être voir derrière moi des gens qui passent. Donc ce sont tous des lieux communs : là il faut accepter la vie en collectivité. Mais, en revanche, au niveau confort, on a chaud, on a de l’eau, on a de bons de lits aussi, de bons couchages. Donc vraiment c’est très étonnant de ne pas ressentir lorsqu’il fait vraiment mauvais dehors : à l’intérieur, on est comme dans un cocon, comme dans un œuf, bien installés.

Élève 10 : Merci.

Interviewer : Voilà Catherine, encore une dernière question et puis après on va te laisser.

Catherine Cherix : Oui.

Élève 11 : Je voulais vous demander s’il y avait des arbres.

Catherine Cherix : Des arbres ? C’est ça que tu m’as demandé ?

Élève 11 : Oui.

Catherine Cherix : Non. Non. Il n’y a même pas d’herbe. Pour te dire, les seuls végétaux que l’on trouve ici ce sont des lichens. On les associe aux végétaux les lichens, si vous savez ce que c’est. Et puis des petites mousses qui sont juste dans les anfractuosités des cailloux : quand les cailloux ont des petites rigoles, les mousses peuvent pousser car elles sont bien protégées du vent, par exemple, et elles reçoivent de l’humidité. J’en mettrai en photo sur le blog, parce que c’est joli. Mais c’est tout ce qu’il y a. Et comme il n’y a pas d’herbe, comme il n’y a pas plus de végétation donc encore moins d’arbre, et bien tu peux imaginer facilement qu’il n’y a pas d’animaux qui vivent dedans. On a juste découvert des tout petits trucs d’un millimètre, les tardigrades, qui sont dans les mousses. Sinon, il n’y a pas d’insectes, pas d’araignées, rien de tout ça, rien qui vole. Et puis donc, il n’y a pas d’animaux non plus parce qu’ils ne peuvent pas manger l’herbe qui est absente, ils ne peuvent pas manger les feuilles des arbres, ils ne peuvent pas se protéger dans les troncs des arbres parce qu’il y a zéro, zéro, zéro arbre sur tout ce continent qui est grand comme une fois et demie l’Europe. C’est impressionnant, hein ? Par contre, il y a beaucoup de glace.

Interviewer : Voilà, merci beaucoup pour cet échange en direct de l’Antarctique. Et puis je te dis à tout bientôt Catherine, à demain matin.

Catherine Cherix : A demain matin, ça marche.

Élèves : Merci !

Catherine Cherix : Merci. Au revoir ! Bonne journée !

 


L’échange avec Zoé


Retranscription du Skype du 27 janvier à l’école de Trembley :

Elève :

Est-ce qu’ils se sont déjà coupés ou eu la grippe ?

Catherine Cherix :

Alors, ici, il y a très peu de microbes. La grippe est véhiculée par des microbes donc on n’a pas ce genre de maladie ici. Si tout le monde vient sans avoir ces microbes, ils ne vont pas pouvoir les passer. Donc personne n’a eu ce genre de maladie, mais par contre il y a eu parfois des petits coups de fatigue, des petits maux de ventre. Hier, Didier a reçu une escarbille, un bout de bois dans l’œil mais ce n’était pas grave. Mais il est quand même allé voir le médecin parce qu’il était ici. Une autre fois, Romain a commencé à avoir très, très mal aux doigts parce qu’il avait eu trop froid. Donc, pour l’instant, c’est ce genre de petits problèmes.

Elève :

Ma question est : « quels animaux vous avez vus ? ».

Catherine Cherix :

Très peu, mais j’en ai vus quand même. Et les animaux que j’ai vus, en fait, sont des oiseaux. Ce sont des oiseaux tout blancs, tout blancs, tout blancs, très, très beaux : des pétrels qui ont l’œil noir, le bec noir, les pattes noires sinon le reste est blanc, blanc, blanc. Et ils se reproduisent juste ici dans la montagne qui est en face de toi. Ils vont faire 200 kilomètres à peu près tous les jours pour aller pêcher en mer et revenir avec la nourriture pour nourrir leurs petits. Maintenant les petits se sont envolés : cette semaine les derniers bébés se sont envolés. Il reste encore les skuas. Les skuas, dans l’hémisphère nord, on les appelle souvent les grands labbes. Ce sont des prédateurs. Tu sais ce que c’est un « prédateur » ? Vous savez ? Ce sont ceux qui se nourrissent d’autres animaux. Et donc les skuas, ici, vont se nourrir des pétrels. Donc ce sont les animaux que j’ai vus. Mais sinon, je n’ai en tout cas pas vu d’insectes. Je sais qu’il existe, dans certains endroits, des animaux minuscules, minuscules qui font à peu près un millimètre mais il faudrait avoir une loupe pour que je puisse les découvrir et il ne doit pas y en avoir beaucoup.