Ce n’est pas parce que vous vous plaignez du froid qu’il fait ces jours en Suisse que cela va suffire à refroidir notre planète. En effet le 18 janvier la Nasa et la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) viennent de publier les résultats et bilans annuels relative à la température moyenne globale.

Force est de constater que l’année 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Par rapport à la moyenne des températures mondiales relevées entre 1951 et 1980, 2016 est plus chaude de presque 1°C! Même si le nouveau président des Etats-Unis claironne que le réchauffement climatique n’existe pas, le problème est que cette tendance est hélas bien établie avec des conséquences parfois inattendues ici en Antarctique.

C’est ainsi que la base scientifique britannique Halley VI située sur la banquise au nord-ouest de l’Antarctique, près de la mer de Weddel (côte est de la Péninsule Antarctique) va être tirée sur la glace et déplacée de 23 km vers l’est à l’intérieur du continent. En effet les occupants de la station ont découvert le 31 octobre 2016 une fracture au nord qui s’étend très rapidement. Surnommée Halloween Crack, sa longueur a en effet doublé en moins de trois mois passant de 22 à 44 km le 10 janvier dernier. Devant cette avancée, et pour éviter de partir à la dérive sur un immense iceberg, la station composée de 8 modules va être déplacée pendant l’été austral afin d’éviter d’avoir à mettre sur pied une opération de sauvetage périlleuse pendant l’hiver où il fait nuit en permanence et où aucun avion ne se pose. D’ailleurs il est prévu que les 16 chercheurs qui allaient passer l’hiver dans la station soient tous rapatriés.

Mais revenons à notre climat en général, durant l’année 2016, les huit premiers mois de janvier à septembre furent les plus chauds à l’exception de juin. Ces données sont établies à l’aide de 6.300 stations météos réparties dans le monde ainsi que des bouées et de bateaux qui ont mesuré les températures de l’eau dans la majorité des océans.

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Du côté de l’Arctique, les données sont inquiétantes et les records de chaleur en été ont provoqué un amincissement record de la banquise et sa superficie s’est réduite dramatiquement, du jamais vu depuis les premières observations par satellite il y a une quarantaine d’années.

Quant à l’Antarctique, la superficie annuelle moyenne des glaces sur l’océan a été la deuxième plus petite dans les annales avec 11.1 millions de kilomètres carrés se réduisant à des niveaux sans précédent en novembre et décembre.

Daniel Cherix