Christel Hassler est professeure de biogéochimie à l’Institut F.-A.Forel de l’Université de Genève. A bord du bateau Akademik Treshnikov dès le 22 janvier, elle y mènera des recherches sur l’importance des microorganismes sur le climat.

Par Skype, nous l’avons interrogée le 18 janvier 2017 :

Après plusieurs post-doctorats aux Etat-Unis (Clarkson University New York) et en Australie (University of Technology Sydney, CSIRO – Marine and Atmospheric Research), Christel Hassler a récemment été nommée professeur à l’Institut Forel de l’Université de Genève. Elle y dirige le groupe de biogéochimie marine et lacustre. Ses activités se concentrent sur l’impact qu’ont la chimie et la distribution des nutriments sur la biomasse, la biodiversité et la productivité du phytoplancton. Elle cherche également à caractériser le rôle qu’exercent ces microorganismes sur le cycle biogéochimique des nutriments via des boucles rétroactives. Elle a précédemment été impliquée dans trois expéditions scientifiques menées dans l’océan Pacifique. Elle s’est déjà intéressée aux vortex océaniques dans le courant nord-est australien et a participé au design d’un navire de recherche océanographique. Dans le cadre de l’expédition PlanetSolar DeepWater, sa solide expérience de terrain a permis de sélectionner les instruments de mesure océanographiques pouvant être installés sur le MS Tûranor PlanetSolar et de définir des protocoles de navigation adaptés.

Lors de l’expédition Planetsolar, Christel Hassler a mené des recherches sur le phytoplancton. Voici ce qu’elle disait au micro de la RTS :

Christel Hassler: Le phytoplancton est un micro-organisme qui vit en suspension dans l’eau de mer. Il va de l’invisible à l’oeil nu – un millième de millimètre – au visible depuis l’espace, parce qu’il forme des zones denses de plus de 100 km. Le phytoplancton constitue la partie vivante qui lie le climat à la surface des océans. Il est sensible aux changements environnementaux et a une grande capacité d’adaptation. Certaines de ces algues sont bénéfiques, d’autres produisent des toxines. On en compte deux catégories, le phytoplancton eucaryotique, qui comprend un noyau, et le phytoplancton procaryotique, aussi dit cyanobactérie, qui n’a pas de noyau.

A quoi ça sert?

Le phytoplancton est un petit ingénieur chimique et biologique qui fixe par photosynthèse le carbone atmosphérique et libère de l’oxygène, ce qui aide à réguler nos émissions de gaz à effet de serre. Même s’il est souvent invisible, le phytoplancton fait un travail tout aussi important pour le climat que toutes les forêts du globe: 50% de l’oxygène que l’on respire est produit par ces micro-organismes. De plus, ces algues sont à la base de la chaîne alimentaire. Par exemple, le phytoplancton est mangé par du krill, qui lui est mangé par les baleines.

Source : http://www.planetsolar.org/deepwater/?page_id=10&lang=fr